Huawei aurait bien contourné l’embargo américain en Iran

Huawei aurait bien contourné l'embargo américain en Iran

Technologie : Une nouvelle salve de documents pourrait prouver l'implication de Huawei dans le contournement de l'embargo américain en Iran. De quoi rendre la position du constructeur chinois plus précaire que jamais.

Huawei aurait bien contourné l'embargo américain en Iran

Les soupçons de l'administration Trump concernant Huawei seraient-ils fondés ? Cette question pourrait avoir trouvé son début de réponse alors qu'une série de documents révélés par l'agence Reuters démontrent que la firme de Shenzhen a bel et bien détenu une filiale en Iran, Skycom, dans le cadre d'un plan visant à détourner l'embargo imposé à ce pays pour y vendre des technologies américaines.

Comme le montre cette série de documents, Huawei a bel et bien contrôlé cette filiale en étant à l'origine de la fermeture de son bureau de Téhéran, de la création d'une entreprise distincte en Iran pour reprendre des contrats de Skycom d'une valeur de plusieurs millions de dollars ou encore en faisant gérer Skycom par ses employés « pour éviter de toute urgence les risques de battage médiatique& ».

Déjà interrogé à propos de cette filiale, le constructeur chinois l'avait décrite à de multiples reprises comme un partenaire commercial local distinct après sa vente une dizaine d'années auparavant. Sa direction avait également nié à de nombreuses occasions les accusations américaines selon lesquelles elle se serait servi de Skycom pour vendre de manière illégale des technologies à l'Iran.

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Douche froide pour Huawei

Pour rappel, le géant chinois est sous le feu de Washington, qui l'accuse notamment d'avoir menti sur les détails de sa vente de Skycom pour prétendre qu'elle était en conformité avec les sanctions américano-iraniennes, ce qui a ensuite conduit les banques travaillant avec la société à violer également les sanctions.

« Les employés de Huawei auraient expliqué à des partenaires bancaires que Huawei avait vendu sa participation dans Skycom, ce qui était complètement faux », a indiqué l'année dernière le procureur général des Etats-Unis, Matthew Whitaker, pour justifier le lancement d'une offensive judiciaire à l'encontre de la directrice financière du groupe, Meng Wanzhou, actuellement en liberté surveillée au Canada.

Rappelons que Huawei n'est pas la seule firme technologique chinoise à faire les frais de la guerre commerciale que se livrent actuellement Washington et Pékin. ZTE a ainsi déjà été accusée par l'administration américaine d'avoir contourné l'embargo sur l'Iran, jusqu'à ce qu'on découvre que la société chinoise a bel et bien enfreint les sanctions américaines en expédiant de 2010 à 2016 des produits contenant des équipements fabriqués aux Etats-Unis vers l'Iran sans licence appropriée, pour une valeur de 32 millions de dollars. Une véritable douche froide pour ZTE, qui a dû régler plus de 892 millions de dollars d'amendes pour mettre fin au conflit judiciaire.

Les équipements de Huawei et de ZTE ont depuis été interdits sur les réseaux américains reposant sur des financements publics et sont désormais considérés comme des menaces pour la sécurité nationale par le gendarme des télécoms américains, la FCC. Les deux sociétés figurent également sur la "liste noire" établie par Washington, ce qui les empêche d'acheter des pièces et des composants à des sociétés américaines sans l'autorisation du gouvernement.

La rédaction de ZDNet.fr

Par La rédaction de ZDNet.fr | Modifié le

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